Freiburg (Basse Saxe)

( photos : maison à Freiburg; bac sur la Weser; rives de l'Elbe; bivouac du soir)
Les Pays Bas furent comme une parenthèse, heureuse ou inquiétante, dans la crise du Covid : aucun masque, pas de passe sanitaire, pas de gel à l'entrée des magasins, juste la distanciation physique. Néanmoins, devant la violence de la quatrième vague qui leur arrive, l'instauration de mesures plus strictes dont le passe sanitaire est envisagée très prochainement. 
La monotonie des autoroutes s'accroît dans l'absence de tous reliefs. Une fois la frontière avec l'Allemagne franchie, le paysage ne varie guère hormis une couverture forestière plus importante. 
Aujourd'hui, sans doute lassés de monter ou descendre pour traverser les fleuves, nous les franchirons à niveau ; très rapidement pour la Weser, une longue attente pour l'Elbe. Attente si longue que nous reporterons notre traversée au lendemain et nous passerons la nuit derrière la digue, parmi les oies, les hérons, les chevaliers (lesquels ?), et aussi vaches et moutons qui ici regardent passer les bateaux qui vont à Hambourg ou qui en viennent. 

Hattem

Une longue montée vers le Nord Est, et la Seine coule paresseusement sous les haubans du pont de Normandie. À partir de Lille, la grande platitude à peine interrompue par les déclivités de la route dues aux franchissements des canaux et des fleuves. L'Escaut par-dessous à Anvers, et plus au Nord, aux Pays Bas, par-dessus, la Meuse et les nombreux bras que le Rhin crée à l'approche de son delta. Le pays s'identifie immédiatement par ses moulins qui jalonnent alors notre route. Nous nous arrêterons au défluent le plus septentrional, l'Ijssel, à Hattem où nous retrouvons avec plaisir Grada et Jeep, et les plaisirs du pays.
Un foulque qui trompette, un héron désabusé par sa pêche infructueuse, un soleil naissant qui nimbe de lumière les canaux, le carillon qui scande les quarts d'heure, bientôt des flopées de cyclistes qui convergent vers les bureaux, les magasins, les écoles, l'ordonnancement des rues, des maisons, des pavages, les pignons à redents dont l'austérité est heureusement distraite par les volets colorés, les contreforts aux bruyères en fleurs de la Weluve qui font une parenthèse dans ce plat pays, bien à l'abri derrière la digue, nous goûtons avec suavité les délices bataves.