(Photos : traversée de l'Elbe - une digue - plaisir de la trempette - corbeilles de plage - crevettiers)
Notre stratégie fut la bonne car après une nuit tranquille, nous avons pu embarquer sans trop d'attente. Le capitaine du bac, un marin d'eau douce pourtant, doit faire preuve de maestria pour manœuvrer dans le chenal étréci par la marée basse, les bancs de sable traîtres, le trafic maritime. Même les mouettes doivent aussi se maintenir sur l'eau entre le mascaret de la marée montante et la vague d'étrave. Et pendant ce temps, les innombrables éoliennes brassent l'air continuellement.
Et comme on n'en a jamais assez, un autre bac pour franchir le canal de Kiel qui rejoint la mer du Nord à la Baltique. N'en déplaisent à ses cousins, Suez et Panama, c'est lui qui a le plus gros trafic au monde. Enfin, au tonnage transporté, il n'est que troisième. Mer du Nord est une cachottière qui se laisse désirer. Une première digue, des polders ici appelés koog, une deuxième digue, de nouveau des polders et enfin une troisième digue et elle est là ; enfin presque car vous êtes dans la mer des Watten et le plaisir des baigneurs est de marcher dans cette vase si particulière et si douce qui vous frémir de douceur quand elle vous passe entre les orteils. Et ensuite vous vous installez tranquillement dans une de ces corbeille de plage et vous philosophez, avec ou sans bière.
À Büsum, la flottille de crevettiers, à en rendre jaloux Forrest Gump, attend la marée haute. Et leur pêche miraculeuse dera les délices de notre dîner.
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