Allendorf décline sa rue principale, sa place et ses placettes, ses rues adjacentes, ses ruelles en dizaines de maisons à colombages. Comment se fait- il que dans de si nombreuses villes de toute taille, dans des villages, il existe autant de ces maisons habitées, entretenues, soignées où la moindre poutre, la moindre cornière, la moindre porte, le moindre encadrement de fenêtre, la façade même la plus modeste soient une occasion d'embellissement ?
En traversant la Werra, nous arrivons à la commune sœur, Bad Soden. Comme son nom le laisse penser, cette ville thermale laisse couler ses eaux salées sur des fascines de sapin que les curistes viennent respirer à plein nez, ces mêmes curistes qui promènent leur ennui dans ces galeries thermales ou le long des boutiques un peu désuètes. Nos lèvres garderont le goût salé de cette eau, et nos vêtements quelques points blancs.
Les sentiers du Meißner offrent un tel choix que seules nos jambes à la fin fatiguées le limiteront. Dans son étang, Frau Holle a noyé au début du printemps tous les défunts, humains, animaux, végétaux de l'hiver et veille soigneusement à ce que nul ne s'en échappe. La béance qu'a laissée la mine à ciel ouvert, la Kalbe, se camoufle maintenant dans un épais taillis d'où une odeur tenace de scories de charbon vous pénètre les narines. Une ouverture vers l'est, vers la Thuringe et ce qui était autrefois un pays quasi interdit. Depuis les antennes intrusives américaines ont disparu et ont laissé la place à une paisible table d'orientation.
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