À force de regarder la Bode d'en haut, il nous fallait l'approcher, et quoi de mieux qu'un sentier au fond des gorges balisé de silhouettes de sorcières. Sous la protection de Goethe, et ses falaises, nous nous y engageons dans le doux gazouillis de la rivière et des oiseaux. La Bode paresse puis s'agite avant de retrouver sa nonchalance. Les derniers kilomètres seront humides de la petite pluie fêtant l'arrivée prochaine de l'automne.
En ce samedi, nous verrons deux aspects contradictoires des Allemands. Leur passion réelle pour la nature, sa protection et sa découverte, les randonneurs qui la pénètrent respectueusement, et leur autre passion pour les grosses cylindrées à 2 ou 4 roues, dont l'écho des hurlements de moteur se répercute longuement dans la gorge.
Des pans entiers de forêts de résineux sont malades. Des parasites à ce jour inconnus sous ces latitudes, et sans prédateur, prolifèrent en raison du réchauffement climatique. Une seule solution, abattre les arbres malades et les remplacer par des feuillus, plus résistants à ces parasites, les scolytes, mini scarabées. Méfiance, les forêts françaises commencent à être touchées.
À Sorge, quelques éléments de l'ex frontière ont été conservés, et mirador, barbelés, mini blockhaus surgissent au milieu d'une saignée dans la forêt.
Braunlage est une station de sport d'hiver très touristique et au milieu de la rue commerciale, une église évangélique en bois debout dont il faudra attendre la fin d'une cérémonie pour la visiter et admirer la simplicité de son intérieur. Et le seul rayon de soleil de la journée éblouira son clocher; décidément, les voies du seigneur sont bien impénétrables.
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